J'ai l'esprit léger, depuis quelques jours... ( = Je pars sur les plages du sud, passez de bonnes vacances et laissez libre cours à votre imaginaton...

Petite histoire d'été


Il est sept heures. Allongé sur son lit, Clément observe les premiers rayons du jour pénétrer dans sa chambre. C'est un agréable matin d'été. Clément rêvasse, songe à l'amour, à l'amour véritable. Celui qui hante vos pensées nuits et jours, dont on est dépendant, celui qu'on a l'impression d'attendre durant une vie entière.

Il entretient une passion pour le dessin. Sur les murs de la pièce, on peut voir de nombreux croquis. Ils représentent des silhouettes indéfinies, des contours incertains, des conquêtes vides de passion.

Il vit seul, ayant été rejeté par un univers qu'il jugeait de toute façon trop fermé d'esprit. Il ne regrette pas sa famille qui a tenté de lui inculqué depuis sa plus tendre enfance, l'idée qu'être différent était mal. Sans doute ne l'accepterait-il jamais.

Il se lève et décide de se coiffer. Il se contemple dans le miroir.
"Parais-je si anormal?"

Il lime ses ongles, puis ouvre les volets de la maisonnette, laissant ainsi pénétrer la lumière dans le salon. Il est dans les montagnes, sa demeure entourée de charmantes parcelles de violettes sauvages.

Il passera sa journée à dessiner et redessiner ses montagnes qu'il chérit tant. C'est sa manière d'oublier. D'oublier que ce jardin, ces couloirs, ne seront jamais animés de rires aux éclats, de rires insouciants: de rires d'enfants. Jamais Clément n'offrira la vie.


Clément aime les hommes.
J'ai l'esprit léger, depuis quelques jours... (  = Je pars sur les plages du sud, passez de bonnes vacances et laissez libre cours à votre imaginaton...

# Posté le vendredi 11 juillet 2008 11:08

Modifié le mercredi 16 juillet 2008 18:53

Happy End?

Happy End?
Chapitre n°7: RDV au port des putes


Je descends les marches grinçantes du perron et atteris sur ce qui me semble être une parcelle de gazon jonchée de pierres. Le froid vent nocturne de décembre, le ciel noir et nuageux me rappellent que c'est l'hiver: je suis dehors. Ni gaieté, ni peine. On nous traîne, nous pousse sur un sentier. A quoi bon résister? Nous longeons nonchalemment les murs désolés, nos ombres fébriles ondulant comme incertaines sur leur béton. Je lève les yeux vers le ciel, éternel réflexe de l'Homme liberé, je distingue la lune sous la tâpisserie des nuages. La lune, si belle... Je souris dans cet ultime moment, un tournant de ma vie, menant droit dans une impasse. Les larmes déferlent sur mes joues glaciales, sillons de mon coeur, miroirs de mon âme. Mais qui s'en doute? Ses briseurs de rêves n'ont que faire de mes émotions. Ce n'est qu'un détail, une familiarité. Aucune importance. Aucune. Mes jambes d'androïde automate me mènent devant une grossière camionnette, carosse funèbre de la jeune défunte. Nous voici à l'intérieur. Un vrombissement, le moteur est en route, la camionnette démarre. Là, se joue ma vie. C'est bien un jeu, mais sans deuxième chance, sans jocker cette fois. Les prix mis en jeux n'ont leur mot à dire, ils passent entre les mains de leurs divers possesseurs. Au bout de cette voie languit mon destin, là où régnent en maîtres désespoir et doute, que faire lorsqu'on a aucune carte en main, à part patienter jusqu'à la toute fin de la route.



... Fin

# Posté le samedi 08 mars 2008 06:25

Modifié le vendredi 06 juin 2008 10:15

La tulipe se meurt de liberté.

La tulipe se meurt de liberté.
Chapitre n°6: Conséquences = Regrets


Des ronflements incessants, réguliers, des bruits de pas étouffés par la vieille moquette du couloir, des chuchotements discrets brisant le silence: je n'ai pas réussi à m'endormir, me voilà à l'affût de la moindre bribe sonore aux alentours, pendant que Marianne, assoupie, bave sur mon gilet de laine mauve. Quelle heure peut-il bien être? Eveillée par l'inquiétude perpétuelle, je ne ressens plus la fatigue, j'ai perdu toute notion du temps. Je dois me changer les idées. Prier. Pourquoi pas? Je ne prie jamais, comme la plupart des adolescents. Maladroitement, je commence:

" Dieu, j'ai peur du futur,
Je veux partir d'ici,
Rentrer chez moi.
Je t'en supplie, je t'implore de tout mon coeur."

Je tousse. Je suis souffrante. La malchance aurait-elle élu domicile sur ma tête?

" Amen. "

Il ne me reste plus qu'à attendre. Le temps est long, s'allonge à chaque seconde, jusqu'à me faire prisonnière et me séquestrer dans le monde insolent des rêves, qui se joue de nos envies et de nos craintes, nous laisse affolé lors d'un troublant réveil. Cette fois-ci c'est un réveil violent qui nous tombe dessus. Le fracassement de la porte sur le mur, notre sursaut commun dans un noir complet. Tout juste réveillée, l'éblouissement d'une lampe torche nous laisse atterrées. L'homme tenant l'engin nous est invisible: quel sentiment atroce que d'être vu sans pouvoir voir! Enfin une voix rauque se fait entendre:

" Grouillez-vous, on s'en va."

Ces mots résonnent dans me oreilles, durant ces dernières heures trop souvent sollcitées. Où? Maintenant? Pourquoi? Mais il faut obéir. Marianne et mois nous levons, nous dirigeons d'un pas claudiquant vers la lumière avant de nous faire résolument empoigner le bras par des mains de rustre, sortant de l'obscurité nous entourant dans la minuscule pièce. Nous tversons le couloir à petits pas et quittons à jamais peut-être cette masure sordide, ou plutôt cauchemardesque.


à Suivre ...

[ Merci à soudain-lorage. Allez voir son blog, il vaut le détour ;) ]

# Posté le lundi 03 mars 2008 07:41

Modifié le samedi 07 juin 2008 06:02

La ronde infernale se ressere.

La ronde infernale se ressere.
Chapitre n°5: Incidents = Conséquences

... Une goutte ... Deux gouttes ... Trois gouttes se perdent sur mon front. Adossée au mur, je me réveille dans la froide lueur du matin, dans un taudis humide, les murs dégoulinent d'eau sale. Marianne dort encore. Hypnose la retient en otage. Dans son sommeil, elle murmure des songes: sa souffrance est permanente, elle doit vivre un enfer. Le paradis est derrière la porte, derrière ce molosse de Cerbère invisible. Le Paradis, c'est la Rue, là où j'ai l'habitude de passer mes journées. Je me plaignais tout le temps de ma vie, et maintenant je ferais tout pour la retrouver; quelle ironie. Je me lève, donc, par habitude, pour prendre une douche. Quelle douche, quelle salle-de-bains? Je suis bête, il n'y a rien ici à part une Belge qui roupille, contre un mur, un trou grillagé servant de fenêtre, du moisi et une Porte. La Porte. Mais pas de Clef. Je me rassois auprès de Marianne, attendant mon sort. N'ayant rien d'autre à faire. L'attente me paraît longue, éternelle. Voilà l'effet que ça fait, de ne savoir ce qu'on attend. Un grand coup dans la Porte. Marianne se réveille en sursaut. Elle me regarde, terrorisée, les yeux hagards. Un réveil si brutal... les monstres. La porte s'ouvre, s'écrase contre le mur. Dans une vive lumière, on voit apparaître un homme. Encore un autre, cette fois-ci un barbu. Il nous dévisage, puis esquisse un sourire glaçant. Toujours le même, quoique plus horrible à chaque fois.

"Bonjour les filles." dit-il, dans ce silence pesant.

Encore une fois, le silence. Il devient moi chaleureux, et laisse apparaître un visage vexé. Il ésperait quoi? Qu'on lui répondrait? J'ai plutôt envie de le torturer, ce sadique énergumène. Il nous répéte:

"Bonjour les filles!"

Aucune réponse, bien sûr.

"Je ne perdai pas de temps avec vous, vous allez vous montrer polies, si vous voulez rester en vie. Je disais donc, bonjour les filles."

"Bonjour." murmure Marianne.

Moi, je suis pétrifiée, faible, assoifée, je ne peux rien dire. Mieux vaut garder mes forces, pour tenter une évasion.

"Bien" dit-il. "Venez, on a du boulot."

Il s'adressait à quelqu'un, derrière lui, de l'autre côté de La Porte. Un homme, entre dans cette "pièce" et pose un appareil photo. Un horrible appareil, datant de je ne sais combien d'années, dont je devinais l'utilité. Marianne aussi avait compris. Et on se serrait la main, communiquant la force de l'une, vers l'autre, aussi désemparée. Il prend Marianne par le bras, la traîne sur le côté, ne faisant même pas attention à ses plaintes de fille blessée. Puis, il la jette contre le mur le plus proche, comme un vulgaire sac à patates. C'est un jeu pour eux? Il revient derrière son objectif, et me dit:

"Sourie."

Même pas la peine d'y penser. Il prend quand même la photo. La photo qui deviendra sûrement celle de ma fausse carte d'identité. C'est comme dans les films, mais pire ... car c'est à moi que ça arrive, et dans la réalité. Il relève la tête et me jette:

"C'est bon, dégage."

Il me traîne contre le mur, comme il l'avait fait avec Marianne. Puis il la pose devant son appareil photo, l'engin du diable en personne. Il prend sa prise et se tire, aussi soudainement qu'il était arrivé. Sans prendre la peine de nous expliquer quoi que ce soit. Et quoi? Pas la peine, on comprend tout. Marianne, boulversée par les derniers événements et la manière dont on l'a traîné, fend soudainement en larmes: c'est un peu trop dans une même journée pour un esprit fragile comme le sien. Un besoin de réconfort flagrant; je lui offre toute ma tendresse, la serre dans mes bras la couvre de baisers maternels. Ca me fait du bien, à moi aussi... Fille unique, pas de père, une mère jamais présente, papillonant à gauche et à droite, des camarades particulièrement moqueuses de la misère des autres... Je n'ai jamais pu me confier à quiconque. Un silence doux et affligeant s'installe autour de nous. Je ne dormirai pas ce soir. Je resterai auprès de Marianne, telle une soeur, une confidente muette, mais qui sait, sans rien dire, ce qu'elle a sur le coeur.


à Suivre...

# Posté le samedi 08 décembre 2007 05:20

Modifié le samedi 03 mai 2008 11:01

Une effroyable histoire de trafic?

Une effroyable histoire de trafic?
Chapitre n°4: Risques = Incidents

L'inconnue laisse apparaître un sourire triste, un sourire de vieille dame abandonnée, un sourire à faire faire pleurer le plus dur des gros durs.

"Moi?"

Elle sort de l'obscurité, fait trois pas vers moi. Trois pas silencieux. Elle est immense, maigre, comme une mannequin. Elle a des yeux marrons, pétillant de joie et de lumière, ce qui contraste avec son sourire fânée. La lumière de l'unique plafonnier rendait ses cheveux courts d'un auburn miroitant, magnifique.

"Moi j'suis lycéenne à Bruxelles. Je m'appelle Marianne. Comment qu'ils ont réussi à t'amener ici, les salopiauds?"me demande-t-elle.

Je réponds:

"Julie, je suis aussi lycéenne, à St-Denis. Bin je me suis fais enlevé ... par un homme qui s'appelle Pat, je..."

Je n'arrive pas à terminer ma phrase. Les évènements sont trop récents, trop douloureux. Un frisson me fait vibrer de toutes parts: je me sens perdue.

"Ah, qu'z'est lâche de s'en prendre à une jeune fille! Moi je suis là depuis cinq jours environ. Tu sais comment c'est arrivé?"

Voyant que je ne réponds pas, elle décide de me raconter son histoire.

"Je venais de rompre avec mon petit copain. On pouvait plus se supporter. Alors j'ai commencé à fréquenter des chats, pour m'amuser, au départ. Et je parlais souvent avec un homme, il m'a dit qu'il s'appelait Anthony, qu'il avait 16 ans et qu'il cherchait une fille simpa. On se confiait de plus en plus et un jour il m'a dit qu'il était amoureux de moi et qu'il voulait me rencontrer. Et moi, conne que je suis, je lui ai fait confiance."

Elle fait une pause, elle est émue, ça se voit, c'est vraiment récent.

"J'ai fais mes valises, ai fugué de chez moi, et ai pris le premier train en direction de Paris. Arrivée à la gare du Nord, je l'ai attendu devant le kiosque à journaux, le point de rendez-vous. J'ai attendu au moins 15 minutes et une voiture de luxe, à vitres fumées a déboulé devant moi. J'étais comme dans un rêve, un carosse, un prince qui a baissé la vitre et m'a dit:

"Monte poupée, je te vois enfin ma chérie."

Il était encore plus beau que sur les photos que j'avais vu sur le Web. J'ouvre la portière, m'assoit sur la banquette avant, à coté de lui. Il était vraiment magnifique, ce connard. Des yeux comme on en voit presque jamais. Un regard tendre, romantique, bleu. Un sourire, un geste de la main, ça m'a suffit pour le croire."

Elle refait une pause, ses yeux larmoient, ils brillent d'humidité.

" Il a verouillé les portières, et pour me mettre en confiance, il m'a dit qu'il voulait me faire une surprise, me faire découvrir la ville. Je ne regardais pas le décor qui filait derrière les vitres. Je ne fixais que ses yeux. Pendant quinze minutes, je n'osais dire un mot, j'étais heureuse. Après, il s'est arrêté dans un Parking, interdit au public. Je lui ai demandé ce qu'on faisait là, mais c'était déjà trop tard. Il... Il m'a foutu une claque et m'a poussé contre la vitre, je me suis cogné la tête. Il a pris un mouchoir... Et... Et il l'a plaqué contre ma bouche, j'étais terrifiée, je me débattais, et je m'endormis. Et je me suis retrouvée là, toute seule, je ne sais même pas où je suis."

Les larmes débordent de mes yeux et se réfugient aux coins de mes lèvres. C'est horrible, c'est trop triste. J'arrive à lui dire:

" Mais c'est encore plus lâche de s'en prendre à une fille qui cherche l'amour."

Elle fend en larmes, je m'approche, la prend dans mes bras. On pleure toutes les deux. Ca fait un bien fou de pleurer, tout les fardeaux du coeur s'évaporent avec les pleurs. On reste comme ça pendant au moins cinq minutes. On s'assoit dans l'ombre, on se tient la main. Je m'endors aux côtés d'une inconnue mais qui, je le sais, sera une alliée et une bonne amie sur laquelle je pourrais me reposer durant ce périple insensé, dont on ne connait ni le but, ni le rôle que l'on joue. Je sais que c'est fini, je ne retournerais certainement jamais chez moi. Je n'ai plus que le désespoir, je suis déjà morte, sauf si dans le noir, je parviens à atteindre La Porte.

à Suivre...

# Posté le dimanche 11 novembre 2007 10:55

Modifié le samedi 08 mars 2008 05:51